Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Chronique d'un Porto Foulawa au Fouta (ép.6)

Publié le par fouta-decouverte

Dans la série, ma viande est bien, bien fraîche, tellement fraîche....

 

Ce matin, c'est la grande agitation autour de l'enclos des N'Dama. Le véto, le boucher et ses acolytes se préparent activement avec l'aide des jeunes de la concession. Coupe-coupe, couteaux, billot de bois, balance, feuilles de bananier et sacs en plastiques, les inévitables, sont rassemblés pour l'opération qui s'organise.

Et puis la vache est amenée ; rapidement immobilisée, elle est égorgée dans le respect du rituel local !

Chronique d'un Porto Foulawa au Fouta (ép.6)Chronique d'un Porto Foulawa au Fouta (ép.6)

Puis vidée et dépecée, l'opération de découpe peut alors commencer.

A grand coups de couteaux et de coupe-coupe, la viande, les os sont tranchés, hachés, découpés, ... En quelques minutes, la bête est en pièces détachées. 

Bon pour le rumsteak, le faux-filet, l'entrecôte, ... faudra repasser wink.

Ici, pas de place pour ce genre de détails. En même temps, la N'Dama n'est pas vraiment une race à viande.

Mais par contre côté fraîcheur, rien à redire.

"Elle est fraîche ma viande !"

"Ko kilos djelou faladhon ?"

Les clients, voisins et connaissances sont là.

1 kilo, 5 kilos, ... l'argent change de main, la viande aussi et bientôt il ne reste plus rien.

Chronique d'un Porto Foulawa au Fouta (ép.6)

Et pour ce qui est des abats, pas de problème : "Ko hombo falla koumbôlo ?"

De quoi préparer un met de choix, un bon bouillon, à base de tête, de pattes, de peau et de queue. 

Qui n'en veut ??? laugh

Chronique d'un Porto Foulawa au Fouta (ép.6)

Au final, reste vraiment pas grand chose ... Les cornes, le contenu de la panse et puis c'est tout frown.

Chronique d'un Porto Foulawa au Fouta (ép.6)

Ce soir, exceptionnellement, on mangera un plat avec de la viande ! Certes pas de steak saignant à attendre mais de la viande quand même ; bouillie et bien cuite, et c'est aussi plus prudent...wink

Bon appétit !

Infos collatérales :

- Au quotidien au Fouta, la consommation de viande est relativement rare, plutôt réservée aux jours exceptionnels (sacrifices notamment) et/ou jours de fêtes.

Et quand la viande est au menu alors les bons morceaux sont encore souvent réservés aux adultes. Les enfants doivent se contenter des abats et autres parties moins nobles : les intestins, le foie, le pie, les testicules, ... HHuuummm, j'adore !

 

- Le Fouta est une région d'élevage et pourtant la consommation de viande y reste limitée. Il faut dire que les éleveurs locaux ont un rapport particulier à leurs animaux et ne vendent qu'exceptionnellement leur bête au boucher. Quand à la manger...

Il est d'ailleurs assez fréquent que la viande proposée par les bouchers soit en fait celle de bêtes volées et ainsi rapidement "volatilisées" wink.

Tryptique infernal que celui des éleveurs / voleurs / bouchers dont les relations quelque peu conflictuelles alimentent très régulièrement les causeries locales.

 

- Si vous avez déjà voyagé un peu au Fouta et en Guinée plus généralement, alors certainement avez vous déjà aperçu des "bouchers" sur le bord des routes proposant leur viande, plus ou moins fraîche, aux voyageurs. L'occasion pour ces derniers de ramener quelques kilos de "bidoche" à la maison. La viande ainsi achetée est alors attachée sur le capot du véhicule, seul endroit qui permet de lui garder une relative fraîcheur. Très relative certes, mais ainsi voyage-t-elle mieux qu'enfermée dans le coffre ou dans l'habitacle où elle deviendrait vite immangeable. 

Commenter cet article